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| Actualité : | Jean Louis Aubert Live - 5 Double albums à gagner
Sa tournéee 2006 accompagnant l'album « Idéal Standard » (plus de 300 000 ventes) a été un immense succès : plus de 400 000 spectateurs et plus de 100 dates à travers la France. Cet événement live est désormais disponible en DVD. L'occasion pour nous de revenir sur ce personnage incontournable de la scène rock française et sur la génése de l'album studio.

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Il y a près d'un an, au moment de la sortie d' « Idéal Standard », Jean-Louis Aubert s'exprimait ainsi à propos de son « bébé ». Un flash-back indispensable avant de plonger dans le live « Idéal Tour », désormais disponible en double DVD.
« Mes albums sont mes points d'encrage dans le temps. Je sais que mes enfants sont nés à tel album. Ça ressemble à un journal. La vie quotidienne vient donc se mêler au rythme de l'écriture. Et puis il y a ce qui est conscient et ce qui est caché, là en dessous?
Je note dans des petits carnets. Des idées, des émotions, j'en chope tout le temps? Il y a une attitude d'esprit inspiration et une attitude expiration? Ce que je recherche souvent pendant l'écriture, c'est un bon état d'esprit d'attente: curieux et ouvert à tout. Ça arrive d'ailleurs sur la première chanson, «Idéal Standard». Quelqu'un au téléphone me disait chercher une chanson à écrire. Voilà un bon thème! Comme disait Picasso, je ne cherche pas, je trouve. Pour Keith Richards, les chansons existent déjà, elles sont dans l'air, il faut juste les attraper?
Le vrai processus d'album commence lorsque j'accouche d'une liste d'idées. Et surtout quand une phrase rencontre une musique. Car j'ai beaucoup de musique sans parole. Et beaucoup de textes sans musique. Quand on est trop actif, on n'observe pas bien. Un peu comme les gens qui vont au boulot et ne lèvent plus la tête? Lever la tête, regarder différemment?
C'est bien de laisser reposer une chanson, de voir si elle correspond toujours à ma petite âme. «On vit d'amour», par exemple, a au moins quinze ans! Mais parfois ces chansons ne veulent pas sortir car mon intelligence les trouve encore trop naïves. Il faut que j'accepte. Ou alors, elles sont tellement présentes qu'elles s'imposent d'elles-mêmes?
Certaines chansons tentent donc leur chance à chaque nouvel album. «Je pars», «Point final» et même «Idéal Standard» se sont imposés immédiatement. Au bout du compte, c'est une espèce de catalogue. Commencer l'album, c'est: j'arrête d'errer et je deviens à nouveau constructif. Sinon écrire c'est extrêmement vaporeux? «On aime» faisait huit pages au début! Il a fallu élaguer?
«Idéal Standard» a grandit dans l'antre du Château d'Hérouville qui est désormais plus ou moins abandonné, avec ses mythes et ses fantômes (Bowie, Iggy Pop, Pink Floyd, Rod Stewart, Elton John qui a laisse son piano, un Steinway 1901? qui m'a inspiré plusieurs chansons dont «Je pars»).

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Faire simple, direct, petit, précis mais toujours ouvert. Epurer, aller à l'essentiel, cumuler les compétences. Ça arrive par strates, mais c'est le reflet de notre époque, non?
Comment un idéal peut être standard et comment un standard peut être idéal? En même temps, n'a-t-on pas besoin d'un minimum d'idéal commun. On a besoin de cet idéal commun mais aussi de la liberté, de la touche personnelle? On veut tellement nous standardiser.
Tout ce qu'on voit ne corrompt pas ce qu'on a dans le coeur? A-t-on la place pour accueillir dans notre coeur un type seul avec sa guitare? Souvent oui.
Pendant 30 ans, j'ai plutôt déroulé ma vie simplement. Au début de Téléphone, le concept c'était: je branche ma guitare, je joue, point. Mais aujourd'hui, les possibilités sont telles! Et dans cette mer de possibilités, les jeunes connaissent tout. Renaud Létang, avec qui j'ai réalisé ce nouvel album, a juste digéré cette vision de moi. C'est un zappeur professionnel qui s'arrête sur mon image. Il sait parfaitement conserver ce qu'il y a d'intéressant chez moi.
Gonzales, une guitare, une basse, un clavier, etc. Renaud qui a une très belle oreille -et pourtant il n'est pas musicien- m'a suggéré Gonzales pour exprimer ses pensées. Ainsi, des 7 minutes sont devenues des 2 minutes. Et toujours ôter tout ce qui n'est pas essentiel. Elaguer. Alors que moi, je viens d'une époque très portée sur l'improvisation.
J'aime dire des choses naïves, ces choses qui marchent à côté de toi, comme un ami. C'est pour ça qu'on vit d'amour.
Laisser tomber la raison, c'est sûrement la meilleure intelligence. Avant, je mettais plus d'un an à accepter la simplicité et la naïveté de mes mots. Là, à force de me voir revenir à l'idée première, ça me prend moins de temps. Ce qui ne passerait pas chez d'autres, passe chez moi. Je commence à me faire à moi finalement?

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L'autobiographie de Dylan m'a accompagné ces derniers temps. C'est si bien écrit. Cette ouverture, tout écouter comme il le faisait, c'est fabuleux! Moi, cette ouverture, je ne l'avais pas à mes débuts, j'étais rock de chez rock. Point. Les jeunes musiciens d'aujourd'hui ont les oreilles bien plus ouvertes qu'autrefois. Gonzales qui passe du rap à Satie est un bon exemple. Ces gens ont un océan de musique devant eux. Moi j'ai juste un petit chemin de campagne. Quelque chose de très terrien, avec juste Do Sol. Et je peux revenir à la charge avec ma guitare en disant que ce Do Sol est très très bien finalement?
Récemment je me suis même mis à aimer McCartney. J'étais un défenseur de Lennon. Un dandy travailleur face à un branleur idéaliste. Et comme beaucoup depuis quelques années, je suis moins lennoniste? Les Stones toujours, évidemment. Led Zep aussi. Et cette pop anglaise à la Coldplay avec d'énormes mélodies, mais une musique un peu triste et répétitive.
Un paradis perdu? Un amour abandonné? Une île laissée? J'ai un petit monde en moi parfois étouffé par le reste. J'ai un regard que je n'ai pas tout le temps. Un regard sans jugement. Plein de tendresse, à la fois incisif, engagé et détaché, curieux. Et c'est ça qui me fait écrire et jouer de la musique?
Quand tu es trop déprimé ou trop gagnant, ta guitare ne dit plus rien. Il faut être ouvert à l'émotion, ne pas être trop dans l'action?
Le ton laid back, calme et souvent serein de «Idéal Standard», ça correspond à l'âge, à ce que j'écoute. Le songwriting un peu plus solitaire? Chez moi j'ai du mal à me faire un Placebo dur en entier. Passé trois titres, je ne peux plus. Et puis je ne veux pas sonner plus jeune que je ne le suis.
«A ceux qui passent» n'est pas qu'un clin d'oeil au «Passenger» d'Iggy Pop. C'est surtout une anecdote d'un jeune qui me raconte jouer dans les Fnac pour ceux qui passent. Chanter pour ceux qui passent! Je ne suis pas un chanteur réaliste, je suis un chanteur idéaliste. Et pourtant pourquoi chercher à côté de ce qu'on vit, que ce soit l'idéal ou l'idéaliste? Moi aussi j'ai commencé à jouer en faisant la manche, pas en magasin mais pour des gens qui passaient? Ma naïveté est donc revenue: oser mélanger tout ça autour du thème du passage. On passe. C'est assez bouddhiste?
«Ailleurs» ça vient du metteur en scène Peter Brook entendu à la télé à quatre heures du matin "il y a un monde ailleurs"? J'ai ce fantasme qu'un marin vivant seul en mer soit touché par ma chanson. Et «L'Heure bleue» c'est aussi un message à cette partie de moi-même qui est ailleurs?
Mes chansons parlent de plusieurs choses qui vont vers la même émotion. Pour moi, la chanson sublime est celle qui marche à côté de toi. Tu as des idées différentes 20 ans après, mais en la réécoutant tu es toujours d'accord avec elle. Elle te procure les mêmes émotions, mais elle ne t'évoque pas du tout le même contenu.
Les gens nous donnent à manger, à nous musiciens et chanteurs, pour qu'on soit libre. Que l'on puisse regarder, attendre, écouter les autres, être ouverts aux autres. Sans analyser. Et parfois, on touche des vérités qu'un scientifique ou un sociologue va escalader par la face nord.
Quand on me demande quel est mon métier, je réponds que je suis musicien. Dans le village où mon père est né, dans le Midi, mon arrière grand-père était conteur. Il était la télé de l'époque, les gens se réunissaient autour de lui? Aujourd'hui encore, les vieux de là-bas m'appellent comme lui?Le chey, le conteur. »

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